Vas-y mollo Micheline

L’histoire du minimalisme stylistique – Partie I

8 mars 2017

Mon rapport au vêtement a toujours été un peu particulier. Pour vous situer un peu le contexte, ma mère est une grande, très grande adoratrice du vêtement et j’ai grandi avec l’idée qu’avoir plusieurs armoires blindées pour les stocker et des montagnes – au sens littéral du terme – de chaussures et d’accessoires en tous genres était la normalité. J’étais fascinée par son style ; elle pouvait venir me chercher à la sortie de l’école en pantalon en skaï parme et sortir le soir même avec une veste longue à imprimé léopard, des escarpins vertigineux et toujours coiffée d’une choucroute rousse invraisemblable. Plus jeune, je me souviens lui avoir demandé pourquoi elle ne s’habillait pas comme les autres maman, ça l’avait faire rire – peut-être un peu jaune – probablement parce que ma mère, elle s’en fout. Et j’ai retenu une seule chose : elle n’était jamais over-dressed, c’est les autres qui étaient habillés comme des ploucs.

Avec le recul, j’ai réalisé à quel point elle m’avait influencé et j’ai très longtemps gardé des réflexes qui me paraissaient normaux : acheter, accumuler, me dire “ça peut toujours servir” ou encore “je ne le porterai probablement jamais mais c’est tellement joli”. Et puis je me suis retrouvé il y a quelques temps a faire le constat suivant : mon armoire est pleine à craquer de vêtements et d’accessoires et je trouve le moyen d’être TOUJOURS habillée pareil. Tous les jours. Depuis quelques semaines, je tourne avec un jean, un pull, une jupe, une salopette, deux t-shirts, un manteau et un sac et je me suis rarement sentie aussi détendue. Il y a plusieurs facteurs a cette prise de conscience, notamment 1. mon déménagement récent qui m’a fait laisser la moitié de mes vêtements, accessoires et chaussures chez mes parents et qui ne me manquent absolument pas et 2. le fait d’avoir des charges fixes chaque mois qui me font réfléchir à deux fois avant de craquer mon slip en plein shopping genre “génial cette mini-jupe asymétrique importable à motif zébré avec des plumes roses fluo qui m’irait parfaitement si j’avais 12 cm en plus et 18 kilos en moins”.

Il y a quelque chose de très fascinant dans cette manière de consommer ces apparats, cette sensation de vouloir posséder un bout de tissu sans trop de raisons apparentes si ce n’est de nous procurer un plaisir fou. Moi qui cherche justement à faire le vide du superflu, je me trouvais enfouie sous une tonne de vêtements presque inutile et je devais aussi faire le point sur mon éducation stylistique en admettant que je ne m’y retrouvais plus, au bout de 25 ans d’habitudes bien ancrées. Il y a forcément des questions relatives au fast-fashion qui se posent également, notamment lorsque l’on constate les conditions déplorables dans lesquelles beaucoup d’enseignes font réaliser leurs collections. Moi qui n’ai pas du tout un dressing éthique et “responsable”, je pouvais (devais ?) au moins faire l’effort de contre-balancer un peu le fait de faire mon shopping dans des magasins pas toujours clean en tempérant mes achats. On y va mollo quoi.

Alors, bien entendu, je ne me fais pas juge des habitudes des autres. Chacun fait ce qu’il veut, en fonction de ses envies et de ses propres convictions, je ne prône pas un choix de vie au détriment d’un autre. On est libre, bordel !

Depuis le 1er février, j’ai me suis instauré une ultime trêve : tenir 1 mois – pas con, j’ai choisi le mois de l’année le plus court – sans rien acheter en vêtements, chaussures ou accessoires (#KohLanta). Et moi qui pensais vivre des turbulences émotionnelles profondes, il s’est passé quelque chose d’inattendu : Rien. Il ne s’est rien passé. Évidemment, 1 mois c’est très court et je pourrais pousser le défi à 6 mois pour monter en intensité, le fait est que je n’ai ressentie ni manque, ni frustration, ni envie. En réalité, je n’ai besoin de rien pour le moment. C’est le luxe, non ? N’avoir besoin de rien. D’ailleurs, je pense que le mois de mars sera également un mois de trêve.

Dans la deuxième partie de cet article – beaucoup, beaucoup trop long pour être digéré en une seule fois – je vous partagerai quelques astuces qui m’ont aidée à ralentir ma soif d’acquisition ainsi que les conseils que j’ai suivis pour m’y tenir sans jamais me trouver à court d’idées.

Et vous, vous avez déjà eu un déclic similaire ?

(Et à très vite pour la suite !)

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