Vas-y mollo Micheline

L’histoire du minimalisme stylistique – Partie II

12 mars 2017

Suite a la première partie de cet article – un état des lieux de 25 années de surconsommation textile – voici quelques conseils qui m’ont permis d’appréhender ce petit tournant; celui de ralentir mes achats vestimentaires – et tout ce que cela englobe – sans faire l’impasse sur un minimum d’apprêt :

1. Identifier ses besoins en fonction de son mode de vie : Étant fleuriste, et plus généralement dans tous les métiers un peu physiques, on se rend très vite compte qu’il vaut mieux avoir des vêtement confortables en toutes circonstances. L’eau et l’humidité du magasin font qu’il ne faut pas trop tenir à ceux-ci également. D’un coup, mes petites jupes cintrées et mes talons ne me servaient plus à grand chose et ça ne tombe pas plus mal, je suis bien mieux à plat. Il est évident que si vous travaillez dans une banque, vous n’aurez pas les mêmes contraintes vestimentaires que quelqu’un qui bosse en free-lance, vous voyez ? Malgré tout, mon job c’est avant tout du commerce, je suis donc priée de ne pas accueillir les clients avec une haleine de poney et un pull plein de vomi – j’aime les propos très imagés – ce qui fait qu’entre le confort total non-négociable et un semblant de féminité, il fallait revoir mon approche du style et laisser au placard – sauf occasions particulières telles que mariage, bar mitsvah ou autre anniversaire – tout ce qui pourrait m’encombrer inutilement en me gênant dans mes mouvements. C’est à partir de là que commence LE TRI.

Amer constat de ce qu’est mon dressing – gai et pas du tout répétitif n’est-ce pas ?

2. Faire le tri intelligemment : de la même manière que chacun va “dégraisser” son armoire différemment, en fonction de ses besoins et de son quotidien, on fait le bilan de ce qu’on a porté ces dernières semaines. Oui ce chapeau de cow-boy est très rigolo mais non, vous n’être pas Carrie Bradshaw dans les Hamptons. On analyse ce que l’on porte le plus et avec le plus de plaisir, les vêtements dans lesquels on se sent le mieux, qui nous mettent en valeur, dans lesquels on se sent jolies. On privilégie les vêtement de qualité, polyvalents et on essaie de laisser l’affect de côté. On garde évidemment des alternatives pour les autres occasions car oui, malgré la tristesse de nos vies a passer un temps infini au boulot, il nous arrive aussi de faire autre chose. On s’organise, on fait une liste des vêtements que l’on garde et a partir de là on estime ce qu’il nous manque réellement. Une fois le tri effectué, plusieurs alternatives : vous pouvez stocker vos cartons chez une âme charitable si vous ne vous sentez pas de vous débarrasser définitivement de vos affaires. Si vous êtes plus aventurière, vous avez le choix : faire un sac de vêtement dont vous ferez don à un relais, donnez à vos amis / votre sœur / votre tante, vendez sur des application de vide-dressing, troquez ou encore recyclez ! Un vieux pull gris un peu triste peut très vite avoir une seconde vie plus trépidante en recoupant le col ou en brodant un joli motif dessus .

3. Se méfier du marketing : selon la définition, le marketing serait “l’analyse des besoins des consommateurs et l’ensemble des moyens d’action utilisés par les organisations pour influencer leur comportement” soit, en plus clair : créer le besoin. Même quand on n’en a pas vraiment besoin, justement. Et moi je suis tombée en plein dedans, ce n’était plus Bonjour Micheline mais Bonjour Pigeonne. Il est évident que je cèderai encore aux sirènes du marketing mais tout l’enjeu pour moi était de réfléchir à mes achats : ne jamais oublier que la grande distribution et les enseignes de prêt-à-porter sont de réels professionnels de la séduction. Pour ça, on désinstalle nos applications shopping ou de ventes privées qui sont de véritables tentations, on se désabonne des mailings intempestifs – et insupportables – des marques nous proposant soldes et bonnes affaires (le plus souvent fictives) et on se tient à notre inventaire de vêtements : certes ce jean noir est joli ET super-soldé mais est-il différent de mes 32 autres jeans noirs ? A vous les studios !

4. Acheter moins mais acheter mieux : partant du constat que je pouvais vivre des mois avec un jean et une paire de converse, il est évident qu’actuellement j’ai un stock de vêtement assez conséquent me permettant de vivre largement jusqu’aux prochains mois. Mais chassez le naturel, il revient au galop… Lorsque dans quelques mois, j’aurai usé mes vêtements jusqu’à la corde, il faudra bien repasser par la case achat et tant qu’a faire, il faudra le faire correctement. En fonction de notre inventaire, on effectue des mises à jour : j’ai jeté / donné / troqué cette robe noire pour telle raison, il me FAUT (oui, c’est un besoin primaire) donc une autre robe noire. Une. Pas huit, même si “faut bien se faire plaisir” et “qu’on ne vit qu’une fois” ou que “à quoi ça sert les autorisations de découvert, hein ?!”. Le but étant que sur le long terme, je puisse m’appuyer sur une garde-robe qui soit minimaliste, polyvalente, confortable et avec laquelle je puisse m’amuser et multiplier les possibilités. Moi, j’aime bien m’amuser dans la contrainte.

Et après ? après, on verra bien. On garde le cap, on lutte ! J’envisage d’acheter plus de vêtements de seconde main, Paris grouille de kilo-shop et de dépôt-vente qui nous donnent l’opportunité de redonner vie a des pièces abandonnées a un prix plus doux. La bonne nouvelle c’est qu’en faisant du tri dans tout ce que l’on possède, on gagne du temps le matin et on se retrouve un peu sous cet amas de textile que l’on croyait indispensable. C’est pas beau ça ?

Et vous, vous avez des conseils pour vous débarrasser de ce que vous estimez superflu dans vos armoires ?

  1. “Un vieux pull gris un peu triste peut très vite avoir une seconde vie plus trépidante en recoupant le col ou en brodant un joli motif dessus”

    Amen !
    Trop vrai !

  2. Il suffit que je me débarrasse d’un tee shirt pour enrager 3 mois après. Si je donne par malheur, je m’arrange pour le récupérer à un moment quitte à prendre 6kg pour justifier (salut mam) et si je pouvais, je récupérai TOUTES MES FRINGUES depuis 1996. ‘balar. A part ça j’apprécie moyen que tu aies oublié de citer les cousines dans les personnes à qui léguer tes fringues. Du coup je te déshérite. Voilà.

    1. Hahahaha ! J’ai le souvenir que tu m’aies donné un petit top fleuri il y a genre 3 ans, est ce que tu vas vouloir le récupérer un jour aussi ? Que je me prépare a m’en séparer…
      Nan mais après la cousinade passe FIRST dans la legation d’affaires ! Mais pour ça, faut bien venir les chercher… 😈
      Love!

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